Randonnée Aigoual et plateau des Bondons : mégalithes du Gard

Randonnée Aigoual et plateau des Bondons : mégalithes du Gard

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Le mont Aigoual, 1 567 m d’altitude et une météo qui change tout en randonnée

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J’ai mis le pied sur le sommet de l’Aigoual un matin de mai. En bas, à Valleraugue, il faisait 18 degrés et le ciel était limpide. En haut, à 1 567 mètres, un brouillard épais avalait l’observatoire en moins d’un quart d’heure. C’est le premier enseignement du mont Aigoual : avant de chausser vos boots, acceptez que la météo y fait sa propre loi.

Le massif de l’Aigoual forme la frontière naturelle entre le Gard et l’Hérault, au coeur du Parc national des Cévennes. Il est le point culminant de ces deux départements – une double couronne que peu de sommets français peuvent revendiquer. L’Observatoire météorologique a été construit entre 1887 et 1894 pour une raison précise : le mont reçoit les perturbations atlantiques de plein fouet, enregistre des vents violents en toutes saisons et peut accumuler plusieurs dizaines de centimètres de neige en une nuit. C’est le dernier observatoire de montagne en activité en France métropolitaine pour la météo en altitude.

La forêt que vous traverserez en montant depuis le col de la Serreyrède est dense – des hêtres et épicéas plantés entre 1875 et 1914 sur environ 10 000 hectares. L’initiative venait de deux hommes : Georges Fabre et Charles Flahault. Leur objectif était d’arrêter l’érosion catastrophique des versants et l’envasement du Rhône. Le résultat qu’on voit aujourd’hui est une hêtraie adulte magnifique, verte profond en été, brûlante d’ocre en automne.

Depuis le sommet, quand le ciel se dégages, les crêtes des Cévennes s’étendent sur 360 degrés. Par temps clair, vous apercevez les Alpes. L’observatoire a rouvert en juin 2020 avec un parcours muséographique permanent baptisé « Atmosphère, les secrets du temps ». C’est une bonne raison pour terminer la randonnée par la visite plutôt que de repartir aussitôt.

Depuis le col de la Serreyrède ou depuis Valleraugue : quelle montée choisir selon votre niveau ?

Deux accès principaux mènent au sommet. L’un est accessible à presque tout le monde. L’autre exige une vraie condition physique. Le tableau ci-dessous vous permet de trancher.

Critère Col de la Serreyrède Valleraugue (chemin des Camisards)
Altitude départ 1 299 m (D986) environ 400 m
Distance aller 5 km 15 km
Dénivelé positif 270 m 1 600 m
Niveau requis facile à intermédiaire difficile
Durée estimée aller 1h30 à 2h 5h à 6h30
Accès voiture Col de la Serreyrède (D986, entre Valleraugue et le Vigan) Valleraugue (Gard, 30), centre village
Intérêt paysager hêtraie, landes sommitales, arrivée progressive vallée sauvage, forêts profondes, panorama total à l’arrivée

Le départ depuis Valleraugue reste le plus engagé et le plus sauvage. Le chemin des Camisards remonte une vallée encaissée. La végétation change à chaque centaine de mètres gagnée. Mais 1 600 m de dénivelé positif en aller simple, c’est du sérieux – prévoyez la nuit sur place si vous l’empruntez.

Dans la même rubrique : Sète gastronomique : trois plats, trois quartiers, une journée pour comprendre.

Il existe aussi le GR 66, balisé par la FFRandonnée. Il boucle autour de l’ensemble du massif sur environ 120 km. C’est l’option itinérance par excellence, à découper en cinq à sept jours selon votre rythme.

Le GR 66 fait le tour de l’Aigoual en 120 km : ce que vous ne verrez nulle part ailleurs

Randonnée massif de lAigoual Gard plateau des Bondons megalithes - illustration

Le GR 66 est différent des autres sentiers du Sud de la France. Il vous fait passer par des villages en schiste gris posés au fond de vallées sans réseau téléphonique. Des chaos rocheux surgissent en bord de chemin. À mi-parcours, les hêtraies sont si denses que la lumière arrive filtrée et verte même en plein été.

Le tracé longe les versants cévenols côté Gard et Hérault. Il traverse des paysages issus du reboisement lancé par Fabre et Flahault à partir de 1875. Ces forêts plantées il y a plus d’un siècle ont pris leur autonomie. Elles ressemblent désormais à une forêt naturelle – un effet de temps qui donne une profondeur particulière au parcours.

Le Parc national des Cévennes ajoute aussi une spécificité. C’est le seul parc national français avec environ 600 habitants permanents dans la zone coeur. Des fermes sont encore en activité. Des bergers croisent votre chemin en juillet. Cette présence humaine rend le paysage vivant plutôt que figé.

Infos pratiques – GR 66 Tour de l’Aigoual

  • Meilleure période : mai-juin et septembre-octobre. Juillet-août reste possible mais chaud en vallée et fréquenté au sommet.
  • Équipement : coupe-vent et imperméable obligatoires même par beau temps (le sommet peut virer en 20 minutes), chaussures de randonnée imperméables, réserve d’eau pour les portions isolées.
  • Hébergement sur le tracé : gîtes d’étape à Valleraugue, l’Espérou et plusieurs hameaux intermédiaires. Réservation conseillée en saison.
  • Topo-guide officiel : édité par la FFRandonnée, référence 430 (« Tour de l’Aigoual »). Disponible en librairie ou auprès des offices de tourisme du Gard et de l’Hérault.

Le plateau des Bondons abrite le deuxième plus grand ensemble de menhirs d’Europe, à 1 000 m d’altitude

Entre la vallée du Tarn et le Massif Central, à 1 000 à 1 100 mètres d’altitude, s’ouvre un plateau que la plupart des randonneurs ignorent. Le plateau des Bondons, sur la commune de Pont-de-Montvert-Sud-Mont-Lozère (Lozère, 48), porte plus de 150 menhirs répartis sur environ 10 km². C’est le deuxième site mégalithique d’Europe après Carnac. Et pourtant, pas de cars de touristes, pas de boutiques de souvenirs en granit.

Ces pierres dressées datent du Néolithique final et du Chalcolithique, entre 3 500 et 2 000 avant J.-C., selon les travaux archéologiques menés par le Parc national des Cévennes. Elles émergent des herbes rases comme des silhouettes immobiles. Certaines sont penchées par les siècles. D’autres restent parfaitement verticales. Le vent souffle souvent sur le plateau – pas de forêt pour le freiner – et cette exposition renforce le sentiment d’être dans un espace hors du temps.

Le plateau des Bondons appartient au Parc national des Cévennes. Il a été classé Réserve de biosphère UNESCO en 1985 et inscrit au Patrimoine mondial en 2011 dans la catégorie « paysages culturels des Causses et des Cévennes ». Un double label qui parle de la cohérence entre le paysage, les traces humaines et la biodiversité du lieu.

Voir également : Randonnée dans les Cévennes : trois itinéraires accessibles pour démarrer.

Pour accéder au site, rejoignez Pont-de-Montvert par la D998 depuis Florac. Une route forestière monte ensuite vers le plateau. Depuis le parking habituel, une boucle pédestre de découverte permet de longer les principaux champs de menhirs en deux à trois heures. Le terrain est plat et balisé par le Parc national.

Comment combiner l’Aigoual et les Bondons en un week-end de randonnée : itinéraire concret

Deux jours suffisent pour relier les deux sites sans se précipiter. Voici comment organiser ce week-end cévenol.

Jour 1 – L’Aigoual : départ tôt depuis le col de la Serreyrède (1 299 m, D986). Comptez 5 km aller et 270 m de dénivelé, soit une montée de 1h30 à 2h selon votre allure. Au sommet, prenez le temps de visiter le parcours muséographique « Atmosphère, les secrets du temps » de l’observatoire rouvert en juin 2020. Descente dans l’après-midi, nuit en gîte côté Lozère – dans la vallée du Tarn ou aux alentours de Florac, à moins d’une heure de route des Bondons.

Jour 2 – Les Bondons : lever matinal. La lumière dorée des premières heures sur les menhirs vaut le réveil difficile. Comptez deux à trois heures pour la boucle de découverte sur le plateau. Le terrain est plat et balisé. Les 10 km² du site permettent de marcher sans se presser en observant les 150 menhirs dans leur contexte naturel.

Les Bondons sont-ils accessibles en famille avec des enfants ?

Oui. Le plateau est plat et le balisage du Parc national est clair. Les 150 menhirs suffisent à maintenir l’attention des enfants sur toute la boucle. Prévoyez des chaussures fermées car l’herbe rase cache parfois des cailloux.

Peut-on visiter l’observatoire de l’Aigoual sans réservation ?

L’accès au sommet est libre. Le parcours muséographique « Atmosphère, les secrets du temps » nécessite un billet payant. Les horaires varient selon la saison. Vérifiez auprès de l’office de tourisme du Gard avant de partir, surtout hors saison estivale.

À découvrir aussi : Randonnée crêtes de l’Espinouse Hérault : le guide complet.

Le GR 66 passe-t-il près des Bondons ?

Non. Le GR 66 longe le massif de l’Aigoual côté Gard-Hérault. Les Bondons se trouvent en Lozère, à une trentaine de kilomètres à vol d’oiseau. Pour combiner les deux sites, prévoyez une liaison en voiture entre la zone Aigoual et Pont-de-Montvert.

Aigoual vs Bondons : deux expériences de randonnée très différentes

Critère Mont Aigoual Plateau des Bondons
Altitude 1 567 m 1 000-1 100 m
Type de paysage forêt de hêtres, landes sommitales, brouillard fréquent plateau ouvert, herbes rases, menhirs à perte de vue
Intérêt culturel observatoire météo construit 1887-1894, musée depuis 2020 plus de 150 menhirs, Néolithique final et Chalcolithique (3 500-2 000 av. J.-C.)
Classement UNESCO Parc national des Cévennes, Patrimoine mondial 2011 Parc national des Cévennes, Patrimoine mondial 2011, Réserve de biosphère 1985
Niveau de randonnée facile à difficile selon l’accès choisi facile (terrain plat, balisé)
Durée de visite recommandée demi-journée à journée complète 2 à 3 heures pour la boucle principale
Idéal pour randonneurs cherchant dénivelé, panorama et culture scientifique randonneurs en quête de silence, de préhistoire et d’authenticité

Les deux sites partagent le même cadre – le Parc national des Cévennes et sa double reconnaissance UNESCO. Mais ils créent des sensations très différentes. L’Aigoual impose par la hauteur et la brutalité météorologique. Les Bondons demandent qu’on s’arrête, qu’on regarde, qu’on accepte de ne pas tout comprendre.

Mon verdict : les Bondons m’ont davantage marqué que le sommet de l’Aigoual et je l’assume

L’Aigoual est impressionnant. 1 567 mètres, un observatoire centenaire construit dans des conditions épiques entre 1887 et 1894, une vue à 360 degrés sur les Cévennes quand la météo coopère. Mais justement – quand la météo coopère. J’ai passé deux heures dans le brouillard à attendre une éclaircie qui n’est pas venue. Et j’ai croisé surtout des groupes en baskets remontant en voiture depuis le parking juste sous le sommet.

Aux Bondons, j’étais seule, ou presque. Un plateau à 1 000 mètres, le vent dans les herbes, 150 menhirs posés là depuis au moins 3 500 ans avant J.-C. Aucune infrastructure lourde pour les encadrer. Pas de barrière, pas de panneau toutes les cinquante mètres. Il y a juste les pierres et le ciel de Lozère.

Ce site vit avec environ 600 habitants permanents dans le coeur du parc – des gens qui habitent là, qui y travaillent. Cette présence humaine donne aux Bondons une atmosphère que les sites purement « naturels » n’ont pas. On sent que ce territoire a été traversé, habité, travaillé depuis des millénaires. Les menhirs en sont la preuve la plus ancienne.

Les deux sites se complètent plutôt que de s’opposer. Ma recommandation : commencez par l’Aigoual pour vous échauffer les jambes et comprendre le massif dans sa verticalité. Terminez aux Bondons le lendemain matin, dans la lumière basse du levant sur les menhirs. C’est dans cet ordre que le voyage reste longtemps dans la mémoire.

Bon à savoir – classement UNESCO Le plateau des Bondons et le mont Aigoual appartiennent tous deux au Parc national des Cévennes, inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO en 2011 dans la catégorie « paysages culturels des Causses et des Cévennes ». Le Parc est également Réserve de biosphère UNESCO depuis 1985. Ces deux reconnaissances s’appliquent à un territoire vivant, habité et en partie agricole – pas à un sanctuaire fermé. Ce statut n’implique aucune restriction de randonnée sur les sentiers balisés.